POETIC BUILDINGS

.« Le jour où j’ai arrêté de regarder par terre » Convaincu que la beauté sommeille en toute chose, le photographe Eric Lignier s’attèle, dans sa dernière série « Poetic Buildings », à traquer des compositions qui révèlent le sublime du quotidien. Et quoi de plus banal que ces façades qui rythment nos villes et nos vies ? Alors qu’il découvre au passage d’un reflet providentiel, la beauté d’une façade, il réalise que nos regards de citadins sont rivés au trottoir. Il décide alors de redécouvrir Bruxelles puis Hong Kong, New York, Paris, Bangkok ou Shanghai… « Regarder les façades et les reflets qui s’y projettent, c’est comme lorsqu’on s’allonge sur l’herbe pour observer les nuages : chacun les interprète à sa manière. Cette activité poétique, cette rêverie, c’est pourtant l’inverse du verre et du béton que je photographie. Chaque façade raconte son histoire, et chaque face d’un même bâtiment une histoire différente. Je ne retouche rien, ne reviens pas sur place, je shoote dans l’instant. » Révéler la beauté cachée Tout comme il le faisait en photographiant le corps des femmes, Eric Lignier perçoit instinctivement, à la faveur d’un croisement de lignes ou de jambes, l’instant T qui révèlera son modèle. « Les femmes qui posaient pour moi n’étaient pas toujours des mannequins. Souvent, elles n’aimaient pas leur corps et mon objectif et moi étions là pour leur dire ‘Vous êtes belles’. C’est un peu la même mécanique dans ‘Poetic Buildings’ : mêmes lorsque les façades sont banales, et c’est le cas la plupart du temps, elles sont comme une toile de peintre, un support qui porte la vie, le rêve. Un bloc de béton peut s’autogénérer au fil de la journée pour créer poésie et beauté. » Une approche organique et onirique de la cité, qui perçoit et capte ce moment où les vents forts déforment le verre, où les voisins s’animent aux alentours, comme autant de morceaux de vie reflétés, déformés, fractionnés, amplifiés, rêvés… En faisant le choix de prendre ses clichés à hauteur d’yeux, Eric Lignier nous invite tous, au quotidien, à lever le nez et prendre part à sa flânerie moderne.




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